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jeudi 20 septembre 2012

Notes de montage


Maintenant que la belle folie du tournage de «yukon parle français» est derrière moi. Et que s'érige devant nous l'édifice en friche et piétage du montage à créer... je suis dans l'effort de la synthèse nécessaire pour arriver à cette forme abusée entre toutes, un documentaire télévisuel.

Un projet de narration ci-bas... (si vous voulez réagir... n'hésitez pas à le faire).  

« Ce qui frappe dès les premiers moments au Yukon, ce ne sont pas les paysages. Ce sont plutôt les gens. Chez ceux et celles qui ont choisi de vivre ici, au nord du 60e parallèle, on remarque tout de suite un appétit, une soif. Une lueur qu'on voit rarement dans le regard éteint des citadins du Sud.

Cette pulsion n'a rien à voir avec la culture ou si peu. N'a rien à voir avec les origines ou la langue parlée même si certains diront que oui. Plutôt, elle a tout à voir avec la rencontre trop rare entre une nature de démesure et le besoin criant que nous avons tous de trouver celui ou celle qui sommeille en nous.

En ce sens, la ruée vers l'or court toujours au Yukon... »

mercredi 4 avril 2012

Y' s'emporte - la faute au Yukon

Pas de ma faute... ça m'est venu comme ça, au retour de Dawson après une soirée passée avec la gang de Soir de Semaine... pour ceux/celles qui «insupportent» la poésie amateur... s'abstenir...



Chienne de tête

Tes yeux magiques et bleus    
Comme ceux d’mon chien d’tête.
La neige en poudre fait fondre le nœud
L’hiver sans fin se brise sur notre fête.

Cours toujours Percy, y’a Eagle qui t’attends
Cours toujours ma chienne de tête,
À jamais givrée, le bleu sur le blanc
Cours toujours, ma belle boréale,
À la rencontre du magistral,
Y’a l’Klondike, qui t’coule dans l’sang.

Tes mains magiques et roses
Comme ce lichen qui explose.
Le soleil de minuit qui t’brûle le cœur.
L’été trop court qui allume toute chose.

Grimpe toujours Émilie, y’a Dawson qui t’attend
Cours toujours ma chienne de tête,
À jamais ennivrée, ensoleillée en longs rubans
Cours toujours, ma belle boréale,
Sur la piste ancestrale,
Y’a l’Klondike, qui t’coule dans l’sang.

Tes mains tristes et grises
Comme la plaine qui attend le gel
Les feuilles rouges qui volent dans la brise
L’automne sournois qui bat de l’aile

Griffonne toujours Service, y’a la ruée qui t’attend
Dors, veux-tu, ma chienne de tête,
À jamais essouflée, d’avoir tant et tant. 
Rêve toujours, ma belle boréale,
D’une ligne d’un horizon sidéral
Y’a l’Klondike, qui t’coule dans l’sang.
Le Klondike dans le sang…
Le Klondike dans le sang…



Jean Baillargeon, 27 mars 2012






dimanche 25 mars 2012

Magnifique journée

Hier, un autre vrai début pour notre doc. Sortir du carcan de l'entrevue, sortir de ce mode narratif dont on n'arrive plus à se défaire tellement on nous a habitués à devoir entendre les gens dire leurs vies plutôt que de simplement essayer de montrer leurs vies.

Florian Boulais en train de tailler une pièce
de structure de son Café Alchimie.
















Hier c'est ce qu'on a fait avec deux de nos personnages, Julie et Florian. On a donc passé du temps dehors à Dawson qui pour l'occasion avait décidé d'adoucir le temps avec un très confortable -4 en milieu de journée.

Les images de Florian au travail dans son atelier / café en construction sont très belles.
Celles de Julie en vadrouille dans Dawson avec son fidèle Pucini... aussi.

Julie Leclerc et son inséparable Pucini


Ce matin on va faire un tour un Klondike Kate, le beau restaurant et petit «resort» de Josée Savard. Toute l'opération est sous la neige et elle s"apprête avec son mari Philippe à dépoussiérer les tables et les chaises, ouvrir ces volets et accueillir une autre saison touristique à Dawson. 

Aujourd'hui, elle nous laisse entrer dans le café endormi avec son menuisier Jean-Denis parce qu'elle a déjà en tête une ou deux améliorations pour rendre sa salle à manger encore plus accueillante.

jeudi 22 mars 2012

«Only» à Dawson - merci Mike Fraser

Depuis que j'ai commencé à m'intéresser à la vie ici, j'ai souvent entendu dire qu'ici, au Yukon, on ne s'enfargeait pas dans les fleurs du tapis. Que la procédurite et le «red tape», les Yukonnais tenaient ça en horreur. J'en ai eu une preuve éclatante aujourd'hui.

J'essayais d'obtenir la permission d'aller tourner dans un édifice historique, l'ancien moulin à scie, juste à l'entrée est de Dawson, en face de la rivière. L'été dernier à mon dernier passage, on pouvait encore y avoir accès parce qu'il n'y avait aucune porte qui en interdisait l'entrée. Depuis, on a mis quelques portes qui sont maintenant verrouillées. Après tout cet édifice fait partie du patrimoine yukonnais et il est entièrement vide. On a compris qu'on invitait éventuellement les problèmes en ne contrôlant pas l'accès.

Donc mon idée d'aller tourner dans cet édifice avec un des personnages du doc qui a comme projet de convertir cet édifice en auberge de jeunesse multiculturelle ou en centre francophone, c'est selon les subventions, venait de rencontrer un os.

Pensant que l'édifice comme plusieurs ici appartenait à Parcs Canada, je suis allé rencontré une responsable de Parcs, Rose, qui m'a gentiment appris que c'était le département d'Heritage Yukon qui en avait la charge. «Faut que tu parles à Mike» m'a-t-on dit.

Alors je me suis rendu au Yukon Porperty Management mais Mike était en congé, la gentille dame d'origine néo-zélandaise (oui je sais qu'est-ce qu'elle fout ici au Yukon la kiwi... elle y vit depuis 25 ans m'a-t-elle fièrement appris après que j'eus mépris son accent pour l'accent australien. Des fois je m'étonne de ma capacité insondable à me mettre les pieds dans les plats) m'a refilé le numéro de portable de Mike.

Ça, c'était hier. Ce matin 8h30 tapant j'appelle Mike. «Comment ça que t'as mon numéro de portable toi??» «euh... la madame... Nouvelle-Zélande... que c'était correct que je vous appelle» (Y'a des fois on en mène pas large...) Il n’était pas du tout fâché... juste surpris. Fa que, parle, parle, jase, jase, il m'explique comment Heritage Yukon s'est retrouvé avec un paquet de propriétés tombées en désuétude au fil des ans, parce que Parcs Canada ne s'intéresse vraiment qu'à la période qui recoupe le pic (sans jeu de mots) de la ruée vers l'or. Pour le reste, pas d'intérêt et pas de sous. C'est là que survient Heritage Yukon.

En fin de compte, pour retomber sur le fil de ce blogue, l'aversion viscérale des Yukonnais pour la procédurite, Mike a laissé la clef du moulin sur un comptoir à l'entrée de leurs bureaux avec un «post-it» avec mon nom dessus... Je n’ai jamais rencontré le gars. Comme absence de procédure avouez que c'est difficile à battre. J'ai donc en ma possession la seule clef d'un édifice patrimonial d'une valeur inestimable. À mes yeux en tout cas. Merci Mike.


Percy et moi

Ce matin, j'ai tourné le départ de la course à chiens Percy the Wolf. Il y a trois départs pour la course. Trois types de compétiteurs. Les pros qui partaient en premier d'une ligne de départ au coeur de Dawson. En fait juste en face du Klondike Kate de mon amie Josée Savard. 7 coureurs qui décollaient à deux minutes d'intervalle. Le premier départ à dix heures est laissé vide à la mémoire de M. Percy DeWolf qu'on honore par cette course. À 10 h 2 exactement le premier concurrent s'est élancé, 15 minutes plus tard le dernier attelage sortait de Dawson, direction Eagle, Alaska, un aller-retour de 320 km. Et avec le vent glacé qui leur arrivait en pleine figure alors qu'ils remontaient le lit gelé de la rivière Klondike, je ne les enviais pas du tout. Les premiers attelages devraient franchir la ligne d'arrivée, toujours à Dawson,  demain vers 12h00.

Les deux autres départs avaient lieu à 12 h et 12 h 30 sur une autre ligne de départ située près du pont de glace qui relie les deux rives de la rivière Klondike à ce temps-ci de l'année. Cette fois-là, le départ se faisait en masse, tout le monde en même temps. Plus chaotique. Mais un manque de communication évident entre le starter et les coureurs a donné lieu à une drôle de scène.

Le starter et son drapeau orange visible à 20 mille sur la banquise avait beau agiter son drapeau comme un damné, les concurrents sur la ligne de départ, à 100 mètres du starter placé au milieu de la piste devant eux, restaient tout absorbés à leurs derniers préparatifs. Il a fallu une bonne trentaine de secondes avant qu'un des coureurs réalise que la course était lancée et qu'il libère sa troupe de chiens.

Ça rigolait ferme parmi les organisateurs... « On n’a jamais vu un départ aussi raté », m'a confié en riant le starter en revenant à Dawson.

Autre réalisation. Il est très difficile de tourner des plans en mouvement avec mise au point variable en haute focale avec une DSLR sans trépied et quand on a le bout des doigts complètement engourdi de froid. J'ai spectaculairement raté plusieurs plans très prometteurs... un peu comme l'histoire du gars qui raconte: « t'aurais du voir la truite que j'ai échappée hier... longue comme ça qu'elle était. »

Je me suis rattrapé par quelques beaux plans fixes des merveilleux chiens qui sont les vraies vedettes de ce sport de toute manière, quoiqu'en pensent les humains qu'ils trainent derrière.

mercredi 21 mars 2012

Dawson le retour

Ben oui, arrivé, ce matin par un froid canayen. Un beau moins 20 que'que. Aussitôt ma chambre prise et délesté de mes bagages, je me suis précipité au café d'un des personnages du doc, Florian. Je devrais plutôt dire «café en construction» parce que bien qu'une grande part de la structure du dit café soit érigée, il lui reste pas mal de boulot le Florian. Mais ça a de la gueule. Florian n'y était pas, je me suis contenté de quelques plans fixes vidéos, avec ma toute nouvelle dlsr... Les réflexes de caméraman de nouvelles me reviennent tranquillement. À mon dernier passage en juin 2011, le café n’en était encore qu'au plancher que Florian s'inquiétait d'imperméabiliser à cause des pluies constantes de l'été 2011. C'est tout le chemin qu'il a parcouru. Où sont les images me dites-vous ?? Patience, ça viendra.

J'ai aussi pris contact avec deux autres interviewés, Julie et Josée. Tout le monde est prêt pour les entrevues. J'ai rencontré la responsable du Klondike Institute of Arts and Culture où on va tourner les entrevues. Elle s'appelle Karen Dubois, un autre signe que les francos sont à Dawson depuis belle lurette. On attend plus que l'équipe (Allan, Mike Simon et Nadine) qui arrive demain en fin de journée par la route.

En les attendant, demain matin je vais couvrir le départ d'une course de traineaux à chiens, la Percy the Wolf Memorial Race course ainsi nommée en l'honneur d'un facteur qui amenait le courrier de l'Alaska à Dawson en traineau. J'ai déjà aperçu quelques «mushers» en ville aujourd'hui. On les reconnait à leur camionnette équipée de six ou huit niches pour leurs chiens et coiffée d'un traineau.

lundi 19 mars 2012

Départ Yukon prise 1

Ben ça y'est. Après une année de préparation, cette semaine le vrai début de mon projet documentaire sur les francos du Yukon. Je tourne à Dawson le 21 mars. Je prends l'avion pour Whitehorse dans quelques heures. J'y serai pour 10 jours.

Y'a pas que le projet doc qui va me tenir occuper là-bas. On travaille aussi avec la peintre Nathalie Parenteau et les enfants de l'école Émilie-Tremblay à Whitehorse sur la composante numérique de ce projet pour la SRC.

J'ai tourné mon premier doc long en 1994-5, en 16mm. Ça sera mon deuxième. On peut pas dire que je me suis rompu à la tâche même si à la fin des années 90 j'ai tourné beaucoup pour la SRC dans l'ouest.

Les «jetons» donc. Absolument. Mais à la différence d'il y a quelques années, cette fois-ci j'ai mis beaucoup d'énergie à la préparation. J'ai anticipé autant que faire se peut quand on tourne un doc.

Petit singe d’encouragement, un de nos personnages, Florian, était à Vancouver ces jours-ci, on a soupé ensemble samedi soir. Il a jasé méditation vipassanna avec Helen toute la soirée. Je les ai écoutés. Quel personnage !

On sera sur le même vol vers le Yukon qui le ramène d'une visite chez ses parents en France. Y'a pas de hasard, Gaspard!

mercredi 27 juillet 2011

Quelques clips

Voici quelques clips que j'ai joints à mon rapport de recherche sur mon projet au Yukon. Histoire de mettre des images qui bougent sur tout ça.


Dome from Jean Baillargeon on Vimeo.



Klondike Kate from Jean Baillargeon on Vimeo.



Café en construction from Jean Baillargeon on Vimeo.



Petit souper from Jean Baillargeon on Vimeo.



St-Jean 2011 à Whitehorse from Jean Baillargeon on Vimeo.



Tatshenshini - Robert Daffe from Jean Baillargeon on Vimeo.



Drague No 4 from Jean Baillargeon on Vimeo.

jeudi 23 juin 2011

Des journées longues comme le soleil.

Hier, beau concentré, tir groupé de rencontres, pas trop de dipsersion (ma tendance personnelle). Finalement réussi à joindre Marie-Claude Dufresne, la copine de Jean-Denis Britten. Elle travaille ici à Dawson comme guide bilingue pour Parcs Canada.

Marie-Claude en costume d'époque avec une visiteuse
Je l'ai retrouvée au Grand Palace Theater alors qu'elle acceuillait une trentaine de touristes aux cheveux plus gris que les miens pour une visite de ce vieux théatre restauré par Parcs et qui a connu ses heures de gloire pendant la ruée.

Ils étaient tous ou presque américains avec des accents à la Forrest Gump à couper au couteau. Tout ça en résonnance avec le bel accent québécois de Marie-Claude en anglais, ça faisait pas mal village global. Il manquait juste le djembé de Florian Boulais.

Après sa visite, Marie-Claude avait son heure de lunch et on est allé s'asseoir sur le bord du Klondike pour casser la croute. Beau moment.

Tout de suite après je marchais dans Dawson et je retombe sur Florian. On avait pas encore vraiment reparlé sérieux. Je l'avais rencontré hier à mon arrivée. On avait jasé vite fait. C'est là que j'ai rencontré la romancière québécoise Mylène Gilbert-Dumas qui traine à Dawson de temps à autre depuis qu'elle est tombé en amour avec la place lors d'une résidence d'artiste il y a quelques années. Sympathique.

Florian Boulais
On est allé cette fois Florian et moi s'asseoir au Klondike Kate et on a parlé. Une bonne heure d'enregistrement pour préciser certains trucs du parcours de Florian.

Je suis venu m'inscrire ensuite au camping où je vais passer quelques nuits. Il y a autour de moi 5 autres caravanes-campers du Québec. Ça parle français tout autour. C'est le temps de l'année pour les québécois et les américains me disait Josée Savard (Klondike Kate). Plus tard cet été ce sera autour des allemands et des italiens.

En attendant ma rencontre avec Julie Leclerc, je suis allé trainé sur Front street, la rue principale qui longe la rivière. Il y avait là un autre groupe de jeunes québécois qui trainaient. Je n'avais pas le temps de le faire mais je me suis dit que je devrais aller leur jaser.

Pour finir ma journée... une jasette de 3 heures (!!) avec Julie Leclerc. Méchant personnage comme dirait l'autre. Quelque part par sa grande passion pour la justice sociale, elle me fait beaucoup penser à mon vieux copain Denis et aussi quelque part au prêtre ouvrier Raymond Roy, organisateur communautaire d'une autre époque, voir le documentaire de Serge Giguère.

Julie dans sa petite maison
Une personne entière comme on en rencontre peu.
Y'a aussi avec elle je pense le début d'une vraie amitié, elle m'impressionne pas mal. Trop peut-être pour la distance que je devrais probablement maintenir comme cinéaste. Si elle fait partie du film, j'envisage déjà la possibilité de la décevoir par les choix que je ferai.

Y'a des gens comme ça qu'on ne veut pas décevoir, ça se fait tout seul... Elle est de ceux-là.

Juste avant de rentrer au camping, je suis monté sur le Dome, cette grosse bute qui surplombe au sud la ville de Dawson et le sinueux du Klondike. Magnifique point final, trois points de suspension, à une belle journée... J'ai pensé à ma belle Hélène.


Dawson en bas à droite et la rivière Klondike - il est 23h00.