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vendredi 22 juin 2012

Deuxième descente en entrevue apnée

Grosse journée hier... encore de belles rencontres et de beaux moments d'émotions. C'était la deuxième et dernière journée de nos entrevues à la queue-leu-leu. Un peu moins de monde cette fois mais une coche au-dessus en énergie et confidences.

Pascal St-Laurent bien sur de Soir de Semaine avec qui je devais faire une entrevue de fond comme il est un des personnages principaux du doc. Toujours aussi fou et débordant de vie.

Claude Gosselin, prêtre, pour parler un peu de ce sentiment à peine voilé qui se dégage de chaque personne rencontrée à date sur ce projet: le yukon est un lieu de profonde spiritualité. Je ne m'y attendais pas. Mais il est clair que ceux qui choississent de faire leurs vies ici, en français, ont en plus comme motivation, une quête qui va au-delà de l'émerveillement perpétuel devant la nature en majuscule où se déroule le fil de leurs quotidiens.

Normand Casavant aussi, venu nous rejoindre après une longue journée de travail en forêt et quelques heures de route. Je m'attendais à le retrouver un peu claqué, normal après tout. C'était mal connaître Normand qui à la première question à propos de la course à chiens s'allume comme un feu d'artifices à la St-Jean.

Enfin, deux belles surprises, deux courtes entrevues avec les complices de Pascal sur Soir de Semaine, Alain et Marie-Maude. En jasant à bâtons rompus, on comprend vite pourquoi avec Pascal, ces trois-là sont tissés serré. Une belle connivence qui n'a aucune difficulté à se transposer sur scène et en musique.

Un beau petit hasard, à la fin de la journée de tournage en rangeant notre matériel, je suis tombé sur un foulard et une couverture qui appartenait à Marie-Maude. Elle s'en servait pour trimballer son petit garçon, Vincent. Ça m'a donné le prétexte de passer les voir à la maison, elle et Alain, pour les lui rendre. Autre moment.

mercredi 4 avril 2012

Y' s'emporte - la faute au Yukon

Pas de ma faute... ça m'est venu comme ça, au retour de Dawson après une soirée passée avec la gang de Soir de Semaine... pour ceux/celles qui «insupportent» la poésie amateur... s'abstenir...



Chienne de tête

Tes yeux magiques et bleus    
Comme ceux d’mon chien d’tête.
La neige en poudre fait fondre le nœud
L’hiver sans fin se brise sur notre fête.

Cours toujours Percy, y’a Eagle qui t’attends
Cours toujours ma chienne de tête,
À jamais givrée, le bleu sur le blanc
Cours toujours, ma belle boréale,
À la rencontre du magistral,
Y’a l’Klondike, qui t’coule dans l’sang.

Tes mains magiques et roses
Comme ce lichen qui explose.
Le soleil de minuit qui t’brûle le cœur.
L’été trop court qui allume toute chose.

Grimpe toujours Émilie, y’a Dawson qui t’attend
Cours toujours ma chienne de tête,
À jamais ennivrée, ensoleillée en longs rubans
Cours toujours, ma belle boréale,
Sur la piste ancestrale,
Y’a l’Klondike, qui t’coule dans l’sang.

Tes mains tristes et grises
Comme la plaine qui attend le gel
Les feuilles rouges qui volent dans la brise
L’automne sournois qui bat de l’aile

Griffonne toujours Service, y’a la ruée qui t’attend
Dors, veux-tu, ma chienne de tête,
À jamais essouflée, d’avoir tant et tant. 
Rêve toujours, ma belle boréale,
D’une ligne d’un horizon sidéral
Y’a l’Klondike, qui t’coule dans l’sang.
Le Klondike dans le sang…
Le Klondike dans le sang…



Jean Baillargeon, 27 mars 2012






lundi 2 avril 2012

Retour sur Terre

Méchant voyage que ce tournage au Yukon... pas pour les distances, ni les longues heures mais pour le passage du papier à l'image, de l'idée folle au moment partagé. 

On m'a souvent dit que pour faire du documentaire il faut d'abord rester disponible à ce qui arrive juste avant que la caméra ne roule, juste avant de plonger dans une scène ou une idée; lever la tête pour voir ce qui sa passe autour et s'ajuster. Toujours garder à l'esprit cette ouverture, cette disponibilité.

J'avais oublié que de vivre dans cet espace d'ouverture pendant une dizaine de jours demande pas mal d'énergie. Je reviens donc d'abord avec une belle fatigue mais avec quelques regrets aussi. Des moments manqués, il y en aura toujours mais on en a quand même attrapé quelques-uns au vol... comme ce merveilleux échange entre Josée Savard et son menuisier dans son café, le Klondike Kate, où elle pense tout haut le changement dans son restaurant...; ou encore Florian Boulais plié en deux sur une poutre de 8 pouces pour la former à son idée; Julie Leclerc qui pense tout haut son projet de centre franco à l'ancien moulin à scie de Dawson; Normand Casavant et sa belle Karine avec leur chiens de traits; la gang de Soir de Semaine déchaînés sur scène...

Si la moitié des images qui m'ont touché arrive jusqu'à la version finale du doc, j'aurai fait mon boulot.

Enfin, un merci aux compagnons de route qui m'ont épaulé... Allan, Mike, Simon et Nadine, cette histoire leur doit déjà beaucoup.


jeudi 29 mars 2012

zapper par le Yukon

Y'a des jours où on se pince... On se demande quel virage on a pu prendre dans un pas si lointain passé pour mériter les choses et les rencontres qui nous sont données de faire. Ça résume bien mes trois derniers jours ici au Yukon.

D'abord une belle soirée passée avec la gang de Soir de Semaine, en répétitions (arrangées avec le gars des vues, un peu) Le petit garçon de Marie-Maude Allard est né pas tout à fait il y a un an quand je suis passé ici pour la première fois. Et voilà qu'on se retrouve chez elle et son partenaire Alain pour une soirée de musique avec Corey, leur sympathique percussionniste et bien sûr, l'imparable Pascal St-Laurent. (Toujours d'Hawaïennes chemises vêtues, à vous faire douter de vos doubles foyers).

Le lendemain matin, nos premiers ateliers web avec la peintre franco-yukonnaise Nathalie Parenteau et deux classes de primaire à l'école Émilie-Tremblay. Là encore, de voir et d'entendre ces beaux enfants du Yukon interagir avec une artiste de renom qui n'a pas nécessairement l'habitude de tels échanges, était vraiment spécial. Et elle s'est généreusement prêtée au jeu... Je dois aussi souligner le travail des deux enseignantes qui nous accueillaient, Nathalie Martel et Annie Cloutier. Des éducateurs dont n'importe quel parent serait heureux de savoir qu'elles veillent sur leurs enfants.

Enfin hier, la cerise sur le sunday au chocolat triple vanille et crème caramel, une journée entière passée avec Normand Casavant et sa partenaire Karine de Casaventures Kennels. Normand et Karine sont venus ici vivre leur passion pour les chiens de traineaux. Ils en ont une trentaine. Normand et Karine nous ont fait le grand jeu. On a eu droit à toute la routine avec les chiens. Nourriture, massage... et jeux. Ensuite ils nous attelés 14 de leurs beaux chiens et nous avons roulé sur 70 km de pistes dans un Yukon de carte postale.

On a suivi Normand avec des motoneiges sur une desquelles notre directeur photo Allan et son fils de preneur de son, Mike était perché pour attraper des belles images en mouvement de ces magnifiques bêtes dans leur élément. Par moments, les motoneiges peinaient à rester en phase avec l'attelage tellement ces chiens aiment courir vite... On a vécu une journée mémorable. Au retour, notre super assistant de production Simon nous a préparé un souper de rois qu'on a tous partagé bien au chaud dans la petite cabine de Normand et Karine.

On avait les yeux petits de fatigue, mais sans trop se le dire on a tous admis qu'on venait de vivre une journée rare.

Y’a des jours... donc, où je me pince... ce matin j'ai de grosses marques rouges sur le bras pour le prouver.

samedi 10 décembre 2011

Ça chauffe avec Pascal.

La classe de français intensif de Pascal St-Laurent
à l'école catholique Holy Family de Whitehorse

Jeudi matin. Beau tournage dans la classe de Pascal St-Laurent à la petite école catholique Holy Family à quelques kilomètres de Whitehorse. Pascal enseigne le français langue seconde selon une méthode d'enseignement toute nouvelle. En l'espace de quelques mois (sept à décembre) de jeunes anglophones en arrivent à converser très bien en français alors qu'ils n'avaient aucune notion en début d'année scolaire. J'ai pu voir avec quelle générosité Pascal rejoint ces enfants et avec quel empressement ces jeunes garçons et filles de 5ième lui retournent la faveur. 

Pascal et sa gang
Une dynamique très riche entre le prof et les élèves. Un vrai plaisir se dégageait des enfants qui ont une vraie maîtrise des rudiments de la langue parlée et écrite. La conversation y joue un grand rôle. Tout est basé sur la vie de tous les jours, dans ce cas-ci notre présence en classe et la grippe intestinale dont Pascal avait été victime le jour précédent. 

La conversation est donc passée d'une grande phrase au tableau que les élèves étaient amenés à lire ensemble puis tour à tour. Pascal pousse ensuite plus loin. À partir des informations inscrites au tableau, il pose des questions, les mains s'agitent fiévreusement pour répondre. De tout beauté. On passe ensuite à la thématique de l'alimentation. Un sujet à l'ordre du jour à l'école ces jours-là. 

Mon DOP Allan s'est bien tiré d'affaire en essayant de suivre les méandres de jasette entre Pascal et sa classe, pas évident. Je me suis aussi permis de tourner plusieurs plans de coupe avec ma Canon 60D. Quelques beaux plans. On aura aucune difficulté à illustrer et le travail de Pascal et sa grande passion pour le français. 

Allan dans le jus avec fiston Michael, notre audioman, en arrière-plan

lundi 28 novembre 2011

Y'a longtemps mais ça valait la peine d'attendre...

Silence du maudit oui mais... On a reçu la confirmation du financement pour mon doc Yukon parle Français... Premier tournage, début décembre... un bout de journée avec Pascal St-Laurent, un des beaux personnages du doc. Pascal enseigne le français intensif à de petits anglophones de l'École Holy Family à Whitehorse. Ma première rencontre aussi avec mon DOP, Allan Code et son fils qui oeuvrera comme preneur de son.

Même au Yukon... ou devrais-je plutôt dire, surtout au Yukon, il faut un moment donné... briser la glace.

mercredi 27 juillet 2011

Quelques clips

Voici quelques clips que j'ai joints à mon rapport de recherche sur mon projet au Yukon. Histoire de mettre des images qui bougent sur tout ça.


Dome from Jean Baillargeon on Vimeo.



Klondike Kate from Jean Baillargeon on Vimeo.



Café en construction from Jean Baillargeon on Vimeo.



Petit souper from Jean Baillargeon on Vimeo.



St-Jean 2011 à Whitehorse from Jean Baillargeon on Vimeo.



Tatshenshini - Robert Daffe from Jean Baillargeon on Vimeo.



Drague No 4 from Jean Baillargeon on Vimeo.

mercredi 29 juin 2011

Pas rapport

Je prépare mon rapport de recherche final sur ma sortie au Yukon. En essayant de tirer au clair les impressions des derniers jours, j'ai mis quelques mots sur ma rencontre avec une personne hors du commun, une autre, me direz-vous... Non, non... pour vrai ce coup-ci. Voici un extrait de mon premier jet.

.......

Claude Gosselin : On m’avait mentionné Claude à plusieurs reprises à chacun de mes voyages. Cette fois-ci j’ai eu l’occasion de le rencontrer lors de la fête de la St-Jean à Whitehorse.

Claude est arrivé ici en 2000 après avoir passé 12 ans comme travailleur de rue à Charlesbourg en banlieue de Québec. Claude est prêtre. Il pratiquait au Québec une pastorale de rue, inspirée des écrits de Dom Elder Camara[1] et du mouvement des prêtres ouvriers[2].

Après 12 années dans la rue, là où les plus endurcis des travailleurs de rue durent 5 ans en moyenne, Claude a reçu une invitation d’une connaissance à venir à Whitehorse à la demande de quelques familles catholiques qui étaient sans pasteur. Il accepte et tombe rapidement en amour avec les gens et le Yukon. Jusque-là pas trop de surprise.

Depuis, les interventions de Claude sont nombreuses et de toutes envergures. De l’animation de la banque alimentaire à l’accompagnement de personnes âgées ou malades au seuil de la mort. « trouver le divin dans l’autre » est le mantra qui guide ses pas.

Le jour de la St-Jean, il revenait de Carcross une toute petite communauté où une petite église catholique, dédiée à St-Jean-Baptiste a été érigée il y a longtemps. À la demande de quelques familles du coin, il y avait célébré le matin même une messe de la St-Jean. On imagine le saut en arrière culturel que cela suppose pour nous les héritiers de la Révolution Tranquille de se repenser dans cette page d’histoire d’un Québec révolu.

Claude Gosselin
Difficile de ne pas être impressionné par cet homme dans la jeune cinquantaine, chez qui tout de suite apparaissent une profonde écoute et une grande compassion. Un vrai prêtre.

Claude me racontait entre autres que souvent lorsqu’on lui demande d’accompagner un mourant francophone qui vit depuis longtemps ici au Yukon des choses étonnantes surviennent. Souvent ces personnes bien que francophones, n’ont pas eu à vivre en français depuis des lustres. La vie est ainsi faite en situation minoritaire que pour une génération plus âgée cela voulait dire d’oublier son français et de plonger dans la communauté anglophone où l’on avait choisi de faire sa vie.

Mais au seuil de la mort, dans la demi-clarté qui habille nos dernières heures, la demi-conscience qui rythme ces moments, la langue maternelle refait surface. Claude me racontait avoir souvent été appelé par des infirmières ou médecins parce que soudainement un patient en phase terminale ne s’exprimait plus qu’en français après une vie vécue en anglais. Claude arrivait donc comme interprète et, en corollaire comme pasteur pour accompagner ces derniers moments. Donner les sacrements. Absoudre et laisser entrer la paix.

Je traine en francophonie hors Québec depuis 15 ans et je n’avais jamais entendu une histoire aussi émouvante et surprenante que celle-ci.

Cette rencontre avec Claude était tout à fait fortuite parce qu’il ne faisait pas partie de mon plan de travail. Le soir où je l’ai rencontré je discutais avec un des responsables de l’AFY, Roch Nadon, qui m’a beaucoup aidé pendant mes séjours, et je lui demandais s’il pourrait me mettre en rapport avec Claude. Je le lui demandais parce que j'avais épuisé la liste de ceux et celles que je voulais rencontrer. J’allais à la pêche en somme. Roch a tourné la tête en désignant un point derrière moi… : « le v’là justement ». Claude arrivait à l’instant, marchant dans le sentier qui menait à la petite place aménagée pour le feu de la St-Jean où nous étions assis.

En recherche, comme en tournage, y’a des coïncidences qu’un cinéaste doit savoir saisir. Après ma rencontre avec Claude, sans prétention, j’ai compris que mon film me parlait à ce moment.

Une de mes découvertes de cette recherche sur la francophonie au Yukon tient dans le non-dit d’une quête spirituelle chez la plupart de ceux et celles avec qui j’ai parlé. Certainement chez Florian Boulais, chez Julie Carpentier, un peu chez Robert Daffe, d’une manière célébrante avec Pascal et Soir de Semaine, toutes ces personnes ont en commun une quête de bonheur, de soi, qui est fondamentalement spirituelle. Claude Gosselin avec son témoignage « pastoral » est venu faire un lien sur le fait français que j’avais de la difficulté à dégager du propos « quête de soi – équilibre de vie – appel de la nature » qui semble vouloir émerger de mes rencontres. Merci Claude.


[1] Evèque sud-américain, penseur derrière le mouvement « théologie de la libération » qui était très populaire en Amérique latine pendant les années noires des dictatures chiliennes, argentines et autres. Ce mouvement intime au pasteur de se tenir avec le peuple, avec les pauvres contre l’oppression des oligarchies et du capital. Il s’agit d’un catholicisme aux teintes marxistes. Jésus rencontre Lénine.
[2] Particulièrement auprès du mouvement québécois JOC (jeunesse ouvrière chrétienne)

lundi 27 juin 2011

De St-Jean en Tatshenshini

Bon, ça a roulé sérieux depuis mon dernier texte. D'abord le retour sur Whitehorse, le matin de la St-Jean. Y'avait une belle fête de prévue à Dawson, mais je voulais absolument rencontrer Pascal St-Laurent de Soir de semaine, sympathique groupe de gais lurons yukonnais qui zigonnent un reggae de fêtards sur le pergélisol depuis quelques années. Deux CDs plus tard, j'ai rencontré le reste la gang ce coup-ci. Alain et Marie-Maude et leur petit Vincent, né au printemps dernier.

Fa que retour à Whitehorse pour une courte jasette avec Pascal et ses partenaires. Le 25 juin, on s'est retrouvé un peu au sud de Whitehorse, au Lac Marsh (marais = moustiques, qui étaient de la fête aussi) pour la St-Jean de Whitehorse. Le groupe Monogrenade faisait aussi partie du spectacle de soirée mais c'est à la gang de Soir de semaine que revenait la job de faire lever la place en fin de soirée, vers 1h00... Restait encore de la lumière du jour (sic)... mais l'installation de scène manquait de lumière qui aurait permis quelques belles images... Comme je devais me rendre chez Robert Daffe à 3 heures de route le lendemain, j'ai mis les bouts et manquer la fin de la fête. Mais je ne doute pas un instant que Soir de Semaine a livré la marchandise.

J'ai roulé dans le crépuscule boréal (on dirait des paroles de Desjardins) jusqu'à Haines Junction, à 200km. Plusieurs sections de route en travaux ont fait que j'y suis arrivé à 3h00. Je me suis arrêté dormir. Il me restait environ 100km à faire au matin pour arriver au camp Blanchard sur la rivière du même nom. Là j'ai retrouvé Robert, sa fille Danielle et ses deux petits gars, Isaac et Mickey. Signe de la petitesse et du tissé serré de la communauté franco, Danielle est commissaire à la Commission Scolaire francophone du Yukon. 20 minutes plus tard j'avais l’air d'un bébé phoque, vêtu de néoprène des pieds à la tête dans l'eau glacée jusqu'au genou à attendre Robert qui aidait sa fille et quelques autres guides à lancer deux autres radeaux de clients pour une journée de descente de rivière.

Pendant l'attente, je me suis dit aussi ben meublé, les deux petits-fils de Robert étaient avec moi. Je leur demande de me donner le briefing de sécurité obligatoire pour les néophytes comme moi. À préciser, Isaac à 7 ans, Mickey en a 9 je pense. Ils m'ont fait ça comme des pros, avec l'accent spécifique du français de l'ouest, bien entendu. Je leur ai traduit quelques mots en français, qu'ils ont tout de suite intégrés à leur répertoire. Ah! la flexibilité synaptique du cerveau de l'enfant. À la fin de l'exercice Mickey me demande: "T'as des questions? " Pissant.

Ensuite on est parti. On était que quatre dans notre radeau, avec Robert. C'était vraiment parfait pour avoir un peu de temps avec lui, à jaser et surtout le voir au boulot. Je me souhaite une telle vitalité et forme physique quand j'aurai mes soixante ans. Impressionnant.

Un truc drôle. Entre ses directives pour moi et les fistons de ramer par l'avant ou par l'arrière, et entre les vagues glaciales qui ont vite remplies les espaces libres de mon "wetsuit", Robert, heureux comme un pinson, sifflait quelque mélodie qu'il est seul à connaître. Mais le plus drôle, c'est qu'il chantait de temps à autre une rengaine longtemps enfouie dans ma mémoire d'enfant: " Capitaine Bonhomme... part en voyage... Capitaine Bonhomme... vers d'autres rivages...." CON-FON-DU-du-du !!  Je vous explique.

Robert est arrivé au Québec à 15 ans. Originaire de Belgique, il vivait en France quand ses parents ont décidé d'immigrer à Montréal au milieu des années 60. Il est resté là jusqu'à l'âge de 18 ans. Juste assez longtemps pour attraper les pitreries de Michel Noël, Olivier Guimond et l'Onc' Pierre sur l'émission pour enfants du "canal 10" - Les Aventures du Capitaine Bonhomme. Sur CFTM, la seule station de télé française privée de Montréal, du Québec à l'époque. Comme quoi notre terreau francophone n'est pas toujours celui qu'on pense.

Je suis rentré hier soir à Whitehorse. Pas mal buzzé... Je n'avais malheureusement pas de caméra étanche avec moi qui m'aurait permis quelques photos sur la rivière Blanchard (autre connexion avec le canal 10 pour les connaisseurs). Mais une des guides de Robert, Jessie, m'a remis un cd de photos. Je chargerai ça plus tard.

Ai-je mentionné le paysage époustouflant de la chaîne de montagnes qui nous encerclaient pendant la descente? L'ours brun au retour par autobus scolaire déglingué? Non ? Dommage, vous devriez venir voir. Si vous venez faire un tour, demandez le spécial Issac et Mickey...